Description
La crise du néolibéralisme et leffondrement de ses promesses « progressistes » ont précipité une radicalisation autoritaire des États partout dans le monde. En France, la concentration des pouvoirs qui caractérise la Ve République a permis linstauration particulièrement rapide dune politique ultra-sécuritaire. Les avocats et les avocates qui défendent les classes populaires et les minorités opprimées ont été aux premières loges de cette dégradation démocratique éclair face à laquelle ils et elles se trouvent bien souvent démuni·es. Et pour cause, explique Elsa Marcel, car en restant prisonnier du mythe et des artifices de « lÉtat de droit », seul garant des libertés publiques alors quil est larchitecte des dispositifs liberticides, on se condamne à limpuissance dune défense strictement judiciaire. Pour comprendre cette impasse, il faut remonter quelques années en arrière : en supprimant les juridictions spécialisées dans les années 1980, lÉtat a mis un terme à la reconnaissance par la justice de la nature politique de certaines audiences. Ces mesures ont été accompagnées de grandes campagnes idéologiques visant à affaiblir le militantisme et lengagement révolutionnaire. Aujourdhui, la défense politique a presque disparu des prétoires Renouant avec lhéritage des luttes anticoloniales et des révoltes des années 1968 qui ont su faire reculer le pouvoir en assumant dans les tribunaux une posture résolument politique, ce livre invite les avocat·es à réinventer leurs pratiques pour faire face aux enjeux de la période : en incluant le pouvoir des mobilisations comme composante fondamentale des grands combats judiciaires ; en questionnant la nature libérale de la profession et les limites du syndicalisme judiciaire ; en forgeant une génération davocat·es guidée par la volonté dintervenir dans la lutte des classes et capable délaborer le programme dune justice radicalement démocratique.





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