Description
Le numéro n°16 des Débats de lITS revient sur la question du travail versus aliénation et émancipation. Depuis un certain temps le travail est sujet et objet de réflexions politiques, philosophiques ou syndicales. Les économistes bourgeois insistent beaucoup sur la valeur, le sens dutravail à savoir sa valeur financière (le fameux coût du travail  : « le travail coûte trop cher » ce qui implique quil faudrait baisser le coût du travail mais en même temps il faut que le travail rapporte). Mais le travail nest-il pas autre chose quune valeur financière ? Pourquoi lêtre humain travaille-t-il ? Est-ce que laliénation découlant du travail nest quéconomique ? Ny a-t-il pas dautres sens, dautres significations du travail ? Quelles représentations lêtre humain a-t-il de son travail ? En fait comment pouvons-nous définir et nous représenter laliénation et lémancipation dont le travail est porteur ? Le travail nest-il pas dual et ambivalent dans ce champ ? Et par conséquent,quels sont les facteurs daliénation et démancipation par le travail ? Comment et sur quelles bases construire une alternative plus humaine à la société capitaliste simultanément plus libre, plus égalitaire et plus coopérative ? Les textes réunis au sein de ce numéro dégagent des pistes à étudier : lintervention des travailleur·euses sur le travail (le pouvoir dagir et la puissance dagir), la construction de collectifs de délibération entre ceux et celles qui font le travail, le travail réel en rapport avec le travail prescrit,la transgression dans le travail, la politisation du travail, le pouvoir ouvrier, lautogestion et lhorizontalité avec la codétermination, les utopies concrètes. Mais les obstacles semblent immenses : la puissance sans cesse renouvelée, malgré ses contradictions, du capitalisme,les divisions du monde des travailleur·euses, les différents courants qui fracturent le mouvement ouvrier, les expériences non concluantes, la difficulté de réfléchir autrement, hors de sentiers battus, tellement lhégémonie idéologique du capitalisme avec sa capacité de manipulation et dintégration dun certain nombre de critiques, les réalisations contestables du socialisme sous sa forme étatique (URSS, Chine…) mais aussi social démocrate avec en fin de compte des échecs devant le capitalisme libéral, financier et mondialisé. Dans ce numéro, une question importante, que nous ressentons comme un impératif catégorique au sens kantien du terme, doit être traitée spécifiquement : le travail et les femmes, avec les déclinaisons incontournables, aliénation et émancipation, oppression patriarcale et exploitation capitaliste. Nous avons demandé à des auteures de développer cette question. Les textes qui en découlent portent sur les femmes et le chômage, la mise au travail des femmes, lémancipation et laliénation des femmes, la résistance des femmes dans le travail (travail prescrit et travail réel) devant la dévalorisation, la normalisation, les transformations du travail avec les nouvelles technologies, la notion de « travail à valeur égale et salaire égal », les femmes et lemploi… Nous terminerons ce numéro par deux textes en partie décalés du sujet par rapport à notre propos initial. Le premier sur la télésurveillance en médecine et le second sur les travailleur·euses migrant·es. sans papiers. Plusieurs articles se veulent optimistes par rapport aux possibilités de changements fondamentaux dans le Lallement, par diffusion des organisations alternatives actuelles dans la société ; Pierre-Olivier Monteil par lémergence dune organisation du travail qui rompt radicalement avec le système actuel ; Thomas Coutrot par la possibilité de linstauration dun contrôle ouvrier ; Rachel Silvera, Natacha Borgeaud-Garciandía et Odile Merckling dont lapproche féministe sinscrit dans un possible dépassement des rapports dexploitation au travail.





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