Description
« Il arrive quun enfant sémerveille dune chose que personne dautre que lui ne peut voir. Avec ses mots denfant, il tente de la décrire, mais personne ne lécoute : les grands, cest bien connu, ne croient que ce quils voient. On laccuse même de mentir. Alors lenfant se tait et finit par douter de son regard. Ce doute peut persister longtemps, parfois une vie entière, sauf si lenfant devenu grand découvre quil a vu vrai. Il se passe alors quelque chose détrange : son regard redevient aussitôt celui de lenfant quil était. »
Le récit commence dans les rues dune ville où marche la narratrice. Son appareil photo dans la poche, elle est partie glaner des images. Il fait gris, il commence à pleuvoir, mais quelque chose la pousse malgré elle à poursuivre jusquà ce quelle tombe sur une image banale qui narrête personne, sauf son regard.
Le regard, cest le vrai héros de ce récit. Il apparaît demblée, comme un personnage que lon pourrait appeler Regard avec un R majuscule. Il rebondit dimage en image, de question en question : Quest-ce quun regard ? Qui est ce compagnon de route, invisible, muet et pourtant omniprésent ? Comment est-il né ? Quelle est a été son enfance ? Les premières images quil a aimées comptent-elles encore maintenant quil a grandi ?
Au fil des images quelle croise ou retrouve quelques ombres sur un store, une photo de famille, une série de chromos ou les premiers clichés dun négatif photographique la narratrice cherche à retrouver lorigine de ce compagnon de route invisible et muet : le regard quelle porte sur le monde. La photographie occupe une place centrale, y compris dans ce pari fou de classer/archiver le monde des images, travail de Sisyphe dont on ne sait plus trop si cest son projet à elle ou celui de son regard, frappé enfant par un curieux traumatisme.
Cest à une enquête personnelle que nous invite lauteure, également ethnographe, une recherche dans nos images familières pour retrouver les débuts du regard qui nous anime.
Si le récit recoupe des réflexions philosophiques ou esthétiques sur le regard, il se lit surtout comme une fable incarnée ouvrant sur une leçon de vie : dans un monde saturé dimages, il reste une place pour un regard denfant quinous relie à un « quotidien pavé de merveilles » selon lexpression de lethnologue Michel de Certeau.





Reviews
There are no reviews yet.