Description
Ce livre propose, à partir de lanalyse dune série de documents provenant des fonds du Criminel génois, une approche renouvelée de la société corse à lÉpoque moderne basée sur son principal paradigme : la famille comme institution politique, la parenté comme principe dorganisation de toute réalité communautaire et le parti pour structurer une société où existent des formes diverses de compétition. Dans une société agropastorale pauvre et peu monétarisée, la réputation, lhonneur deviennent un capital symbolique déterminant. Il est susceptible daugmenter ou de diminuer comme un patrimoine. Cest un bien familial successible et que les Corses en général ont en tête de transmettre à leurs héritiers. Il peut disparaître mais aussi devenir un instrument de pouvoir. Lhonneur est toujours manifesté en public : les offenses comme les réparations sont soigneusement mises en scène au vu et au su de violences créent des contumaces et le maquis devient une extension de lespace social. La chronique judiciaire permet de découvrir un univers de pratiques, de langages, de formes dorganisation sociale (les rapports de parenté) et de compétition politique (les partis).Or, la modernité et la maturité politiques dune société se mesurent exclusivement à laune du niveau de développement dun État central imposant à tous ses lois, ses institutions, ses rouages administratifs, sa langue. Celui-ci considère les contestations et les résistances à ses normes comme des archaïsmes et des faits marginaux et non comme des propositions alternatives. Le caractère particulier de lÉtat génois, un État léger pratiquement sans marine et sans armée, est quil propose à la société corse une administration très faible pour exercer la justice. Il est pratiquement toujours absent dans la gestion des conflits et est donc continuellement obligé de se servir de la notabilité insulaire comme auxiliaire, en offrant paradoxalement un rôle à jouer dans le domaine de la justice à un autre des vecteurs de la violence.





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