Description
Lissue des conquêtes coloniales, les puissances colonisatrices ne se sont pas seulement approprié des territoires et des biens culturels : elles ont aussi collecté des paroles. Missionnaires, administrateurs, ethnologues et linguistes ont, plus exactement, transformé en textes des énoncés oraux de natures et de fonctions variées dans leur contexte dorigine, bientôt rassemblés sous la catégorie de « littérature orale ».
En situation dasymétrie coloniale, ce triple transfert (de loral à lécrit, dune langue à une autre, dun contexte culturel à un autre) a donné lieu à dinévitables altérations. Les sources des textes ont parfois été effacées, et leur sens déformé ou perdu. Quelques anthologies de contes africains, océaniens, ou autres, se vendent encore aujourdhui sans que la provenance des textes ne soit interrogée. Certains ont connu des trajectoires remarquables, notamment lorsquils sont passés entre les mains de poètes des avant-gardes, comme Tristan Tzara, Blaise Cendrars, ou Jerome Rothenberg, ou encore décrivains eux-mêmes issus de territoires colonisés, comme Léopold Sédar Senghor ou Patrick Chamoiseau.
Aiguillé par les principes des enquêtes de provenance menées sur les objets de musée, ce dossier, qui fait le pont entre les recherches francophones et germanophones sur le sujet, propose des études de cas africains, caribéens et nord-américains. Quelles sont les logiques dappropriation à lœuvre dans ces transferts ? Est-il possible de les déjouer ?





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