Description
Dans le contexte du Paris daprès la Seconde Guerre mondiale, Gillet débute sa production en entrant de plein pied dans le mouvement de labstraction informelle ou lyrique. Il expérimente une pâte picturale mêlée de sable et de colle de peau, qui lui permet dobtenir de somptueux effets de matière. Quil zèbre la peinture au couteau, quil travaille en surfaces solidement maçonnées, ou quil déploie des compositions complexes et tourbillonnantes, il expérimente sans relâche et joue des effets expressifs de la peinture.
Au début des années 1960, Gillet assume pleinement un retour à la figuration, par besoin daffirmer la force du regard humain. Ce revirement à contre-courant de lépoque lui vaut dabord lincrédulité des galeristes et critiques, puis il est commodément décrit comme « expressionniste ». Il déploie le portrait dune humanité décharnée et loufoque, à létat indistinct, à peine extraite de la glaise picturale dont elle est issue. Il saisit au vitriol le théâtre de la vie : tas de gens faméliques, juges et huissiers, parades carnavalesques Sa production explore alors les genres traditionnels de la peinture (portrait, peinture dhistoire, paysage urbain) mais chaque sujet est passé au crible dun humour féroce.
À partir de 1982, Gillet passe ses étés à Saint-Malo, puis il achète une maison à Saint-Suliac en Ille-et-Vilaine, où il va résider jusquà la fin de sa vie. La présence du littoral lui inspire une série de tempêtes dans laquelle il trouve une ligne de crête entre abstraction et figuration, qui lui permet de déployer toute sa virtuosité dans le traitement pictural. En 1996, dans un ultime mouvement de pendule parmi les incessants allers-retours qui marquent sa pratique, il revient à la primauté de la figure humaine avec une série de têtes dexpression dune force extrême. Récalcitrant à toute classification, Gillet déclarait : « limportant, cest de perturber le regard».





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