Description
La traduction, nous le savons bien au Bruit du temps, nest pas seulement la meilleure façon de comprendre un texte découvert dans une langue étrangère, elle est aussi, très souvent une rencontre, celle du traducteur avec lauteur et, aussi bien, une affaire damitié. Il se trouve que Wolfgang Matz (traducteur, avec son épouse Elisabeth Edl, d’Yves Bonnefoy et Philippe Jaccottet), a bien connu trois poètes français dune même génération, celle dont on fête, en ce début des années 2020 le centenaire de la naissance ; trois poètes dailleurs eux-mêmes liés par des liens damitié, mais aussi par une certaine idée de la poésie dont la revue LÉphémère a été lune des manifestations. Wolfgang Matz les a rencontrés à plusieurs reprises, il a été lun des témoins de leurs dernières années. Ce livre évoque ces trois figures en rassemblant quelques souvenirs, en revenant aussi sur certains textes quil a traduits, mais en sattachant surtout à ce que ces rencontres lui ont appris : que la poésie ne se réduit pas à la produc- tion de livres, quelle doit aussi se traduire par une certaine « justesse » dans la vie elle-même. Cest ce qui fait le prix de ces pages, à laquelle on pourrait bien sûr reprocher une certaine idéalisation de lexistence poétique, mais il faut les lire comme un hommage à la qualité dêtre de ces trois figures, une sorte de signe amical de reconnaissance pour ce quils ont été et ce quils ont représenté, humainement, jusquau bout puisquil est surtout question ici de leur fin pour les personnes quils ont côtoyées. Dans une lettre à Böhlendorf, Hölderlin parlait du besoin quil ressentait de la « Psyche unter Freunden », dune parenté de lâme que les amis peuvent partager. Cest de cela quil est question dans ce précieux petit livre.





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