Description
Les réformes qui, depuis les années 1980, ont privatisé et mis en concurrence les services publics sont le plus souvent présentées comme des adaptations nécessaires imposées par des forces exogènes : mondialisation économique, européanisation libérale, numérisation des télécommunications. À rebours de ce sens commun en surplomb, ce livre replace les acteurs de ces réformes au coeur de lanalyse. Il montre à partir du cas de ladministration des Télécommunications (devenue France Télécom puis Orange), comment ce sont les luttes pour le contrôle des Télécoms entre hauts fonctionnaires, syndicats, ministres et partis politiques qui ont produit leur progressive entrepreneurialisation. Les « contraintes internationales » apparaissent alors comme des opportunités, pour les hauts fonctionnaires, daccroître leur pouvoir à mesure quils font des Télécoms une entreprise compétitive à même dy faire face. Sans opérer de basculement, lempilement des réformes successives rend de moins en moins probables les possibles alternatifs à la transformation en entreprise accroissant de fait le poids des tenants dune telle réforme et construisant son inéluctabilité. Cette enquête sociohistorique propose ainsi une explication à lapparent paradoxe dune sortie de lÉtat dont les acteurs publics sont eux-mêmes à lorigine. Proposant des comparaisons avec dautres grands services publics industriels et commerciaux (électricité, gaz, rail, etc.), louvrage contribue plus largement à éclairer la construction dun ordre économique marchand par lÉtat dans la seconde moitié du XXe siècle.





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