Description
Cet ouvrage consacré au Maghreb et au partenariat avec les pays de larc latin de la Méditerranée est publié au plus fort dune actualité marquée, dune part, par lexistence dune crise aiguë du couple algéro-marocain qui était envisagé comme le moteur dune construction maghrébine, et dautre part, dune marginalisation de la Méditerranée occidentale dans la géopolitique mondiale que traduit ce conflit majeur opposant lEurope et les Etats-Unis à la Russie.
Ce paradoxe qui incite au désenchantement, nest-il pas aussi le moment privilégié pour repenser et agir afin de réaliser un regroupement régional et promouvoir des formes de partenariat et de coopération entre les pays méditerranéens. Autrement dit, la crise géopolitique ne donnerait-elle pas lopportunité aux pays du Maghreb de repenser leurs alliances, de mieux défendre leurs intérêts communs, et contribuer ainsi à mettre en oeuvre un nouvel ordre politique et économique plus propice au progrès et au développement de leurs peuples. Il sagira pour eux de se hisser à la hauteur des nouveaux enjeux provoqués par les recompositions géopolitiques en cours et de dépasser des situations jugées aujourdhui indépassables.
Ce livre posthume de Noureddine ABDI qui est laboutissement de longues années de travail offre des matériaux précieux dans lédification de ce projet maghrébin « sans cesse recommencé » et/ou contrarié, car soumis aux aléas politique, à des conjonctures économiques internes et à des alliances économiques ou politiques contraires à la vocation unitaire du Maghreb.
Avant dentrer dans le coeur dun sujet -le Maghreb et subsidiairement ses rapports avec la Méditerranée occidentale- qui fut dès les années 1980 au centre de sa réflexion et de ses recherches, un mot pour évoquer une dette personnelle qui nous avons contractée auprès de N. Abdi.
Engageant au milieu des années 1970, une carrière de chercheur en économie agricole et rurale, parmi mes premières lectures figuraient en bonne place les articles que N. Abdi avait publié dans des revues (la Revue Algérienne ou dautres revue étrangères). Il fut pour moi, lun des premiers chercheur algérien (aux côtés de nos aînés que furent Tami Tidafi, Hamid Aït-Amara ou Claudine Chaulet) qui ont contribué à nourrir nos connaissances, et à nous initier aux questions agraires et paysannes. Celles-ci avaient occupé son activité intellectuelle tout au long de la période qui va du milieu des années 1950 à la fin des années 1970. Lautobiographie qui figure à la fin de louvrage apporte des éclairages intéressants et nouveaux sur les contextes politiques et économiques de cette époque. Elle nous livre un témoignage inédit sur les conditions concrètes démergence de lautogestion agricole en Algérie, les obstacles rencontrés et les luttes dinfluence exercées au sein de lappareil d’État, les motifs de son engagement auprès des ouvriers de lautogestion ou les attributaires dune réforme agraire quil avait appelé de tous ses voeux.
Si le récit autobiographique, rédigé avec une modestie qui impressionnait les personnes qui lont côtoyé, évoque assez clairement lengagement politique et syndical de lauteur dans la lutte de libération nationale, elle témoigne aussi de son attachement émouvant à sa terre – et de ses lieux- dorigine, décrit les premiers pas de l’État algérien dès lindépendance en mettant laccent sur difficultés dans la construction de ses institutions nationales.
Au cours de la période qui va suivre, celle qui commence dans les années 1980, N. Abdi va élargir la perspective en traitant essentiellement de la construction maghrébine, et focalise sa pensée sur « les perspectives dun avenir régional commun ». Appartenant dorénavant aux deux rives de la Méditerranée (un entre-deux dont il faisait lexpérience), il fonde son engagement personnel à penser également le rapprochement des pays du Maghreb avec les pays méditerranéens de larc processus de renforcement des unions régionales face à une mondialisation en marche, lessor dune coopération adaptée à leur échelle font aussi lobjet de ses préoccupations intellectuelles. Ces formes de coopération et de regroupement régional sont pensées comme « le meilleur moyen de peser dans les relations internationales ».
Ces nouvelles recherches que lauteur engage baliseront un parcours personnel et professionnel au sein dinstitutions tels lInstitut dÉtudes du Développement Économique et Social (IEDES), le CNRS français, la Maison des Sciences de lHomme ou de laboratoires de recherche de lUniversité Paris VII. Abdi se dépensera avec énergie pour animer des forums, des débats ou des rencontres scientifiques réunissant des dizaines de chercheurs appartenant aux deux rives. Tous les travaux et toutes les contributions que N. Abdi signale dans cet ouvrage, sont les produits intellectuels de ces multiples activités ; elles ont fait lobjet de publ …





Reviews
There are no reviews yet.